Salma Khalil ou la polyvalence de l'Art au feminin

Salma khalil est une artiste mutli tâche. Elle est coordinatrice de l’association positive culturelle qui milite pour l’éducation et l’autonomisation de la femme à travers la promotion de la culture. Elle dirige aussi son entreprise artistique appelé Zarlinga, créé grâce à la peinture, l’écriture, le dessin, l’infographie et l’artisanat. Elle nous parle de sa passion de l'art, de ses projets et ses combats.

Ton parcours et tes rêves d'enfants
Je faisais partie des dizaines de jeunes tchadiens qui ont été formés par l’architecte et illustrateur français, Gérard Leclair. J’ai ensuite été infographe et dessinatrice à l’Atelier de Graphisme et d’Infographie avant d’exercer le travail de caricaturiste rédactrice dans des journaux tchadiens. Pendant mon parcours, j’ai bénéficié de nombreuse formation qui m’a permis de m’améliorer tant sur le plan professionnel que personnel. Mon travail artistique m’a permit de côtoyer des artistes peintres qui m’ont beaucoup influencé à travers leurs conseils constructif. Et c’est en 2005 que j’ai démarré pour la première fois la photo. Mon exposition photo, peinture et dessin lors de l’événement « les doigts d’or » a marqué ma naissance dans le milieu photographique tchadien. Aujourd’hui j’ai crée mon entreprise de photoreportage, de graphisme et de publicité localisée au quartier Sabangali. Mais à coté, je gère aussi notre qui donne un sens de plus à mon existence.

Tes combats et tes réussites
Mon combat est celui de contribuer à améliorer les conditions de vie des tchadiens en général et surtout celle des tchadiennes en particulier. J’ai déjà rencontré de nombreuses personnes qui partagent ma vision. Et je pense que les tchadiens veulent aspirer à une vie digne où ils seront en sécurité socialement. Réaliser son rêve pour moi est un bel exemple de réussite. Au Tchad on a souvent tendance à dire qu’il est difficile de réussir surtout quand ce dernier est lié à l’insertion professionnelle. Moi je suis passée par le bénévolat, la passion et la curiosité et aujourd’hui j’ai réalisé mon rêve. D’abord m’exprimer à travers mes écrits publiés, à travers mes photos et peintures exposées ; créer une association qui lutte pour l’autonomisation et l’éducation de mes sœurs et en fin créer ma propre entreprise. Mais il me reste encore beaucoup à faire.
Ta vision en tant que jeune et ton apport comme Artiste dans la société tchadienne.
J’ai une vision positive des choses même si en général les conditions sociales au pays soient décevantes. Il y a des choses qui changent. Nous avons des jeunes tchadiens lettrés ou pas qui entreprennent. En eux, je voix cette lumière qui se diffuse dans l’obscurité. Chaque jeune actif est un modèle d’exemple pour d’autres. Et chaque battant apporte sa pierre constructive à la nation. En tant qu’artiste, j’apporte aussi ma contribution à travers mes activités. Par les formations, je restitue à mes compatriotes, des connaissances nécessaires à leur développement personnel. A travers la peinture, la photo et l’écriture, etc. on s’exprime démocratiquement et en même temps on enseigne nos cadets à choisir leur voie d’expression. C’est pourquoi je considère l’art comme une thérapie. Elle est au cœur de l’économie de la culture, reflète le caractère identitaire d’une société et guérit à travers l’expression.

Tes déceptions et tes espoirs
Ma plus grande déception est le fait que l’Etat ne priorise pas la culture. Cette dernière éduque et apaise les humeurs. La politique culturelle chez nous au Tchad, est clairement défavorisée. Dans certains pays comme la Russie, la comédie renforcée à l’après-guerre, a joué un rôle spécifique car le rire impacte positivement l’humeur. L’artiste a besoin des moyens pour promouvoir son travail car il est l’ambassadeur par excellence d’un pays. Mais hélas au Tchad, il faut soit se tourner vers les bailleurs étrangers, les particuliers ou vers soi même. Peut être cela est dû au fait que le statut d’artiste lui-même n’est pas reconnu au Tchad. Pourtant nous sommes africain et la culture est une condition qui nous défini. J’espère qu’un jour, le temps décidera autrement de ce qui sera utile pour les générations futures des artistes.

Tes projets et leurs impacts sur les jeunes... ton plus grand rêve...
Aujourd’hui je reçois des appels des filles de CM et du collège qui rêve d’écrire, de photographier. Je reçois d’ailleurs en fonction de ma disponibilité certains chez moi à la maison. C’est important de les entendre dire « je t’ai vu l’autre jour à la télé et je veux dessiner comme toi «. Pour moi l’impact le plus important est celui qui permet au sujet de réaliser son potentiel. Qu’il a lui aussi un don et qu’il peut l’exploiter. C’est le départ qui est important. Le reste vient après. J’ai travaillé avec des jeunes, des femmes et des enfants. Je leur ai appris plein de choses. Eux aussi en échange, m’en ont apprit assez. Et je les remercie. J’ai pleins de grand rêve parmi lesquels celui de pouvoir asseoir un équilibre entre ma vie professionnelle et familiale. Et d’atteindre mes objectifs dans les deux cas.

Ce que tu attends des jeunes tchadiens
Qu’ils soient, curieux, entrepreneurs, débrouillard et ne jamais attendre que l’occasion se présente pour réaliser des projets. Il faut aller la chercher et la saisir. J’aimerais que mes frères et sœurs tchadiens, s’investissent davantage dans la vie associative, créent des entreprises. Qu’ils bousculent les obstacles afin de réaliser ce qu’ils estiment irréalisable. Car je sais qu’ils sont capables de le faire. Le Tchad est un pays de jeunes et cette jeunesse doit être capable de relever les défis.

Ce que tu attends des dirigeants tchadiens
Je souhaite qu’ils changent radicalement leur manière de diriger. Car le résultat est ce que nous vivons actuellement. C’est ce que nous regardons dans les infos et lisons dans les journaux. Le Tchad est à genoux et c’est une honte pour eux. Car à la fin tu es obligé de trimballer le nom du pays et aller demander de l’argent. Et la main qui donne est puissante naturellement que celle qui en demande. Ce qui minimise encore plus le Tchad. J’attends qu’ils se bombent la poitrine et dire « nous sommes capable de nous développer nous même et nous allons le faire ! ». Et pour réaliser cela, il faut inévitablement impliquer deux facteurs : la jeunesse et la ferme volonté.

Ton mot de fin
Ce n’est as parce que le Tchad est l’un des pays les plus pauvres du monde, avec un indice de développement faible et qu’on vit dans une famille pauvre avec moins d’un dollars que notre avenir est incertain. Rien n’est impossible. Dans la vie, il faut s’adonner sérieusement à aspirer à un avenir meilleur. De nombreuses exemples sur des expériences vécues, nous montre que lorsqu’on croit en soi et que l’on est armé de la détermination et de la positivité, la possibilité devient alors une réalité.

Par Brya Elise Grâce

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