Société : vente de sable, un moyen de survie

Lutter contre le chômage, joindre les 2 bouts avec les charges familiales, subvenir à ses besoins et surtout être indépendant, tels sont les buts que ce sont fixés  les jeunes qui s’adonnent à la vente de sable Tout au long du fleuve Logone-Chari.De Karkandjeri dans le 1er arrondissement à Gassi dans le 8e arrondissement,l’on peut rencontrer des étudiants, des diplômés en chômage, des pères de famille, des militaires et tant d’autres catégories de personne.Dotés de pelles, de sacs vides et de porte-tout (pousse-pousse), ces jeunes sortent de bon matin pour s’adonner à l’assemblage et la vente de sable dans différents points au bord du fleuve Chari.Une activité lucrative pour les famillesMbaïguedem R. rencontré au bord du fleuve au quartier chagoua, affirme qu’il pratique cette activité depuis des années afin de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille : « grâce à ce travail, j’ai pu réaliser certains de mes projets tel qu’ouvrir une cabine téléphonique et de recharge de batteries, acheter une moto qui sert de mototaxi afin de garantir la ration alimentaire quotidienne ». Mbaïguedem se dit fier du fruit de son travail et estime pouoir réaliser tous ces projets grâce à la vente du sable. Comme Ce père de Famille,  Oumar S est militaire. A ces heures libres, il va au fleuve assembler et vendre du sable car son salaire ne lui permettait pas de subvenir aux besoins de sa famille comme il se doit. « Ce n’est pas facile de  vivre à N’Djamena avec un salaire de soldat. Ajouter à cela les 16 mesures qui endurcissent le coût de la vie, nous sommes obligés de faire autre chose pour joindre les deux bouts », explique-t-il.« J’ai un loyer à payer, la scolarité des enfants, les soins médicaux en plus de la ration alimentaire à pourvoir chaque jour. Je ne saurais m’en sortir si je n’avais pas la présence d’esprit de faire cette activité », ajoute-t-il.Les ventes journalières varient d’un milieu à un autre. Si à Farcha dans le premier arrondissement, si la vente est moyenne à cause de nombre peu élevé des chantiers de constructions, à Chagoua et Gassi ou les habitations sont en pleines constructions, les clients sont plutôt nombreux.Le prix d’un sac de 50kg coûte entre 400f à 750f en saison de décrue. Et ce prix peut monter à 1.500f CFA en période de pluie.Une activité appréciée à différents niveauxLes clients sont des personnes en chantier, des petites entreprises ou des particuliers qui veulent niveler les cours de leurs locaux.Ceux-ci apprécient bien les services que fournissent les vendeurs de sable : « ils sont à encourager pour les efforts qu’ils fournissent. C’est plus pratique pour nous que d’avoir à acheter de benne de sable à un prix exorbitant pour un petit besoin», dit une vendeuse de poisson devant son étalage. Vu le caractère pénible de cette activité certains clients estiment que  le prix de vente ne répond pas au service. « Le prix que nous payons est parfois trop  juste. Nous devons encourager ces jeunes en leur payant un peu plus qu’ils ne le demandent ».Des conséquences sur la santé humaineLes risques que ces travailleurs courent sont nombreux : « on ne peut aussi porter des chaussures pour aller chercher le sable dans les iles du fleuve alors les coquillages nous tranchent très souvent le talon et le pied.», explique un vendeur en face de la société de construction SATOM-SOGEA sur la route de Farcha.Outre ce risque de blessure, il est à relever les risques de maladies de dos puisqu’il faut remonter des pentes pour ramener le sable au bord de la rive pour l’exposer à la vente.Mogodé Eric raconte: « le soir quand je rentre, je suis très fatigué avec tous ces efforts physiques que je fais. Transporter au moins 15kg, marcher sur plus de 50m et remonter une altitude de 15m, n’est pas facile. Mais pour le bien-être de ma famille, je suis obligé de consentir ce sacrifice. Je sens souvent le mal de dos et la torticolis ».Une alimentation contrôléeFace à ces nombreux risques les vendeurs adoptent un régime alimentaire un peu plus contrôlé, même si quelques fois ce n’est pas facile à cause de la cherté de vie. Ces vendeurs consomment le beurre de vache reconnue pour ses vertus fortifiantes ; le haricot pour l’énergie qu’il procure et la pastèque rafraichissante et hydratante. Pour plusieurs d’entre eux, le bonheur n’est rien de plus que parvenir à subvenir à ses besoins vitaux les plus élémentaires de sa famille. Et leur moyen à eux est pour le moment la vente de sable.

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