Tchad : Femme et productrice en élevage des poules

Diplômée à l’Ecole Spéciale d’Architecture de Paris en France en 2012, après 7ans d’étude, Garfa Fatimé Aldjineh est la 2ème femme architecte du Tchad. De retour au Tchad, elle contracte le virus de l’entrepreneuriat Agricole. Retour sur son parcours

Après plusieurs essais  dans le secteur agricole, elle a jeté son dévolu sur l’élevage des poules pondeuses en octobre 2017, plus précisément :« A mon retour au pays j’ai ouvert un cabinet d'architecture à N’Djaména. Ensuite, j’avais envie d’essayer autre chose au-delà de l’architecture qui reste mon domaine de base ; j’ai alors suivi et essayé l’agriculture avec quelques personnes de mon entourage qui avaient commencé », raconte Fatimé, pour expliquer son parcours et ses débuts dans la production agricole avec les difficultés auxquelles elle a dû faire face.

De l’agriculture à l’élevage de basse-cours

Malgré ces épreuves, abandonné le secteur Agricole serait une fuite pour elle. C’est ainsi que l’idée de faire l’élevage des pondeuses est née. Une idée qui n’a pas été totalement accepter par certains proches, vu les contours du projet : « l’idée de voir une femme architecte faire l’élevage était inconcevable pour certains. Mais j’ai le soutien infaillible de ma famille et l’héritage de l’amour de la terre que mon père m’a transmis», affirme  Fatimé.

Pour commencer, elle a commandé 5.000 poussins de ponte roux de la France. Répartis dans 2 bâtiments de 500m2 comportant 2.500 poules pondeuses : « c’est peut-être trop mais ça me permet d’apprendre à m’en occuper. J’essaie de supporter le stress qu’elles causent quand il n’y a pas à manger. Elles requièrent plus de soins de la part de l’éleveur ». Garfa Fatimé Aldjineh  reconnait que les exigences de cette filière qui sont une bonne pratique d’hygiène. Pour elle, c’est un nouveau défi réussi selon Fatimé après plus de 4 mois d’exercice.

 Difficultés et perspectives

« Assurer l’alimentation quotidiennement avec la crise que notre pays subit n’est pas une facile dans l’élevage de volaille. Aussi, le manque d’accompagnement technique et financier sont des difficultés auxquelles les jeunes font face sans compter les conflits de génération » informe Fatimé. Malgré cela, Garfa Fatimé Aldjineh ne compte pas s’arrêter à ce niveau : « Pour moi 5.000 c’est un début. Je compte aller jusqu’à 25.000 poules pondeuses d’ici 2ans et couvrir le plus largement possible le marché des œufs de N’Djamena et même dans les provinces. Car il y a plus de demande».

Ses stratégies de vente consistent à mener des campagnes de propagandes et vendre à un prix abordable pour permettre à la population de manger des œufs. Des ventes dans des kiosques à travers la ville sont aussi envisagées. Les hôtels et les restaurants ne sont pas du reste, en ce qui concerne ses cibles.

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